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Ce qu'on peut faire...

  • il y a 3 jours
  • 14 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 heure

....pour ne pas rester spectateur de la maison qui brûle.

Car c'est ça le sujet, l'habitabilité.

Ou autrement dit : comment on continue à habiter sur cette planète​. "On" étant, nous, nos enfants et tous les autres vivants qui vont se succéder ici​.



Merci @teamfortheplanet pour l'image
Merci @teamfortheplanet pour l'image


J'ai envie de vous parler simplement, avec mes mots.

Je n'ai pas envie de vous culpabiliser. Ni de vous expliquer qu'il faudrait devenir parfait, vivre dans une grotte, régresser, se priver ou régler seul un problème qui nous dépasse tous.


L'intention est davantage de vous partager les choses qu'on peut faire : en tant qu'individu, dans son entreprise, en tant qu'élu.

Les textes soulignés ci-dessous sont des liens vers des sections de l'article dans lesquelles j'essaie de lister les choses qu'on peut faire, qui sont déjà là, qui sont bien meilleures pour notre planète/maison et qui en plus vont vous ramener plein d'autres bénéfices.


Parce qu'entre détourner le regard et vouloir tout changer d'un coup, il existe une voie beaucoup plus utile, avec bon sens, simplicité et avant tout pour vous.


Mais pour commencer, je vous propose d'approfondir le constat.


La maison brûle, et nous vivons dedans


Le mot écologie vient du grec oikos : la maison.

Pas « l'environnement », comme s'il s'agissait d'un décor situé autour de nous. La maison. Celle dans laquelle nous vivons, travaillons, mangeons, produisons et élevons nos enfants.

En 2002, Jacques Chirac disait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Plus de vingt ans après, elle brûle toujours. Mais cette fois, nous voyons les flammes.


Les canicules durent. Les sécheresses s'installent. Les restrictions d'eau se multiplient. Les forêts brûlent. Les sols s'épuisent. Les animaux, les arbres et les cours d'eau encaissent des chocs de plus en plus violents.


Et tout cela ne reste pas à la porte des entreprises, de vos entreprises.

Des chantiers ralentissent à cause de la chaleur. Des usines réduisent leur activité faute d'eau ou d'énergie. Des récoltes disparaissent. Quand le niveau du Rhin baisse, les barges transportent moins de matières premières et de marchandises sur une artère essentielle du Grand Est. Cause d'ailleurs au passage de la pénurie d'essence qui fait l'actu en Alsace.


Ce n'est plus un scénario pour 2050. C'est déjà là.


Notre planète est ronde​ (et fait 40075 km de circonférence)





Sept de ces limites sur neuf sont dépassées (plus d'infos ici).


Et chaque année, l'humanité prélève toujours plus de ressources que la Terre ne peut en régénerer dans la même année. ​

En 1970, on était pile à la limite — une planète. En 2024, on consomme 70% de plus que ce que la planète peut produire en un an. ​Le jour du dépassement est d'ailleurs tombé pour la première fois en juillet en 2026, le 30 (et encore en France c'est avril).

​En gros c'est comme si vous dépensiez 1 700 euros par mois alors que vous n'en gagnez que 1 000. Le découvert augmente. Et les intérêts, canicules, megafeux, pénuries, commencent à tomber.​


Et nous, nous continuons à parler de croissance infinie.

La contradiction fondamentale du modèle actuel, c'est ça.​

​La croissance économique exige d'extraire toujours plus de matières et d'énergie. ​

​Mais les ressources de la terre sont finies. C'est physique. La croissance infinie dans un monde fini, ça ne marche pas Je le redis ici : 40075 km de circonférence (par l'équateur, par les pôles c'est 40008 km)


Nous avons construit nos modes de vie et nos modèles économiques dans un monde que nous pensions stable, avec des ressources abondantes et bon marché. Ce monde est en train de disparaître.


Toutes les entreprises qui vous nourrissent, vous payent et produisent tout ce que vous achetez dépendent de la nature.

Toutes.

Un restaurant dépend de l'eau, des sols et du climat. Un industriel dépend des métaux, de l'énergie et des transports. Une activité numérique dépend de bâtiments, de serveurs, de cuivre, de lithium, de plastique et d'électricité. C'est d'ailleurs intéressant d'observer que la nature fait depuis des années des "apports en nature" (au vrai sens du terme) qui n'apparaissent dans aucun bilan comptable.


S'adapter et changer (fort)


Bien sûr que nous allons / devons nous adapter.


Je n'ai d'ailleurs aucun souci à dire que j'ai acheté une clim cet été. Je n'ai pas trouvé d'autres solutions et je sentais vraiment sous les toits une chaleur potentiellement dangereuse pour ma santé. Cette clim je l'ai choisie la plus économe en énergie possible. Surtout je choisis de l'allumer quand la température approche les 30 degrés dans mon appartement. Quand les ventilateurs et le calfeutrage ne suffisent pas, je la mets sur 27 degrés.


S'adapter, c'est essayer de continuer à fonctionner quand le contexte se dégrade. Se transformer, c'est interroger la logique même de notre fonctionnement.


Olivier Hamant l'explique très bien : "nous sortons d'un monde stable et abondant en ressources pour entrer dans un monde instable et contraint. Dans ce nouveau monde, la recherche permanente de performance peut devenir une fragilité."

La performance consiste à être très efficace dans les conditions prévues. La robustesse consiste à rester vivant quand les conditions changent.


Nous avons besoin des deux mouvements : adapter ce qui doit l'être aujourd'hui et transformer ce qui doit tenir demain.



Ce qu'on peut faire en tant qu'individu

(et au passage avoir plein d'autres chouettes bénéfices)


Avant d'acheter une seule question : en ai-je vraiment besoin ?


Pas : « Est-ce que cet objet me plaît ? »

Pas : « Est-ce qu'il est en promotion ? »

Mais : « Quel usage réel va-t-il remplir dans ma vie ? »


M'éviter d'avoir froid ? -> j'en ai déjà plein le placard des t-shirt non ?

Me nourrir avec du pain ? > pas besoin d'une machine à pain, la boulangerie c'est de la chouette mutualisation, et le pain sera surement meilleur.


Boire un café ?

> une petite cafetière Bialetti, c'est quand même plus robuste, moins gourmand en énergie et en ressources que les machines sophistiquées ou les capsules prétendument recyclables. Ou le café du coin :)


C'est peut-être aussi l'occasion de s'intéresser à

  • la low tech

  • la seconde main: Emmaus, Le bon coin, Backmarket, Vinted, friperies, vides grenier

  • au don : y a Geev (code parrainage REGISB3713) ou des groupes de don sur Facebook

  • au prêt pour les usages qui ne seront pas assez récurrents (qui a besoin vraiment d'un karcher plus de une fois par an ? ) : pour ca y a Poppins (code REGIS_TIWE3G6)

  • à la réparation, pas dans ma zone de génie pour le coup, mais je fais de plus en plus réparer par d'autres quand c'est possible (et ça soutient l'emploi local)

Je le rappelle, au passage avec toutes ces solutions, on fait des économies.


Faire du vélo (si on peut)


Ce sujet d'économie m'a directement fait penser au vélo.


Le vélo cumule les bénéfices (j'en parlé d'ailleurs ici dans mon article sur l'hygiène de vie)

Il permet de bouger sans devoir dégager une heure pour aller dans une salle de sport. Il coûte bien moins cher qu'une voiture : pas de carburant, peu d'entretien, pas de parking. Il évite des embouteillages, réduit les émissions, améliore la santé et donne souvent du temps pour réfléchir ou écouter un podcast.

Je trouve toujours étonnant de voir des gens prendre leur voiture, subir les bouchons et payer une salle de sport pour y faire ...du vélo.


Évidemment, tout le monde ne peut pas tout faire à vélo. L'âge, les distances, la santé, et les infrastructures comptent. Mais si déjà tout ceux qui peuvent transforment leurs trajets en « sport utile » on sera sur la bonne voie.

Et OUI. A vélo, parfois, on transpire. Ce n'est pas un dysfonctionnement : c'est notre climatiseur naturel. Accepter la transpiration, son odeur, c'est encore un autre grand pas qui peut nous faire grandir collectivement (j'en ai parlé ici)


Sinon, les transports en commun type bus, train voir Blablacar sont aussi de supers options.


Mieux manger


Dans le même esprit que le vélo, beaucoup de gestes utiles à la planète/maison sont aussi bons pour notre santé et notre portefeuille.

Pour l'alimentation, j'aime la règle des trois V d'Anthony Fardet : vrai, varié, végétal. Moins de produits ultra-transformés, d'avantage de produits de saison, plus de fruits, de légumes et de légumineuses. Simple et efficace.


Donc go go go vers les petites épiceries locales, les maraîchers du coin, les rayons produits locaux ou bios des supermarchés (qui eux ne font que suivre la demande pour rappel, c'est pas des méchants). Ou bien-sûr si on peut, le petit potager en permaculture et/ou en mode paresse. L'angle anti-gaspi est intéressant à la fois pour le porte-monnaie et pour la maison/planète. Mais, ça ne veut pas dire acheter n'importe quoi. Donc Too good to go c'est bien, mais attention aux contenus des paniers surprise. Sinon, les rayons anti gaspi des magasins, c'est une bonne option.


Enfin, pour vos choix de restaurants, tout récemment j'ai découvert le label écotable qui va vraiment dans le bon sens. Maitre restaurateur est également génarelement un gage d'une alimentation locale, durable et fraîche.



Bouger son compte en banque


Même si votre argent est sur votre compte courant ou livret A, votre argent ne dort pas sur vos comptes. Une banque l'utilise pour financer des entreprises, des infrastructures et des projets.


On peut donc se demander que finance mon argent quand je ne l'utilise pas ?

La réponse pour la grosse partie des banques : 10 000 euros placés classiquement génèrenent entre 3 et 6 tonnes de CO2 par an (un Paris New York en avion c'est 2 tonnes)

(merci à Eric de Kash qui m'accompagne sur mes investissements/ gestion de patrimoine pour cette prise de conscience. Au passage n'hésitez pas à me dire si vous avez besoin de lui, que je vous le présente, il faut de l'investissement éthique).


Après pour basculer votre compte courant et votre livret A dans une banque plus vertueuse, pas besoin d'Eric :)

Changer de banque paraît moins spectaculaire que manifester ou installer des panneaux solaires. Pourtant, déplacer son compte ou une partie de son épargne peut être un acte économique très puissant. Pour ma part j'ai bougé des comptes à La Nef et chez Goodvest (parrainage ici : regis-ea947) . Le crédit coopératif (avec Bank for the Planet) et Green Got sont aussi des belles alternatives je crois.


Nos achats votent. Notre épargne aussi.


Allez au passage car c'est dans le même esprit,

permet aussi de rediriger des financements.


Ralentir


Allez, petite pause vidéo de quelques minutes.



Une vidéo qui illustre bien le problème de fond.

La course à la croissance/performance/productivité pour....?? Gagner de l'argent pour ...??

Acheter des trucs plus ou moins utiles ?? (je laisse libre à chacun de se faire ses images)


Si on reprend d'ailleurs cette boucle à l'envers, on voit que se concentrer sur nos besoins vraiment essentiels peut permettre de ralentir et moins dépendre de l'argent.

Ralentir nous permet de retrouver du temps pour se connecter à ce qui nous amène de la joie, du temps pour être vraiment présent dans les moments (et pas les "surfer"), du temps pour se connecter à la nature, la contempler, du temps pour laisser la place au hasard, à la liberté, à la vie. C'est cette envie profonde de joie et de liberté qu'on retrouve par exemple derrière les modes du minimalisme, des tiny house, du retours à la terre. (pour creuser le sujet pourquoi ralentir il y a ce podcast de France Culture) Il se trouve que cette envie de ralentir colle parfaitement aux besoins de la planète qui elle aussi a grand besoin qu'on ralentisse, que notre économie ralentisse.

Mais pour ça, il faut redescendre la productivité, la croissance et la performance de leur pied d'estale.


Ralentir permettrait aussi de contrer l'injonction "il faut faire tourner l'économie". On l'utilise pour justifier tout un tas de mesures qui en général ne vont pas dans le bon sens pour notre planète/maison. Je l'ai trouvé pas plus tard que la semaine dernière dans un article de Rue89 pour justifier la mise en place de camions pour transporter des trucs quand le Rhin n'avait plus assez d'eau pour assurer la navigation des barges. (et donc avec un impact carbone de *12). Ce "il faut faire tourner l'économie" puise il me semble son origine dans l'industrie automobile américaine. Une fois que tous les Américains avaient une voiture, les usines qui employaient des dizaines de milliers de personnes n'avaient plus grand chose à produire (et donc pas d'argent pour les salaire). Ils ont donc inventé la pub. Pour créer le besoin d'une nouvelle voiture (avec une option en plus). Faire des ventes et réussir à verser des salaires. Des salaires qui permettent aux salariés d'acheter d'autres trucs dont ils n'ont pas forcément besoin dans d'autres usines qui elles avaient besoin de tourner pour...

("Travailler plus pour gagner plus" pour....??)


Bref, une belle transition vers ce qu'on peut faire au niveau des entreprises, et notamment questionner l'utilité de ce qu'on y produit.



En tant que dirigeant : transformer son modèle


Dans mon travail au quotidien chez Initiatives Durables, j'invite les entreprises à questionner leur modèle. Non pas pour le verdir au nom de je ne sais quelle responsabilité ou altruisme, mais bien pour faire en sorte que son entreprise dure dans le temps.


Ou autrement dit je les invite à faire le rôle de dirigeant, à savoir comprendre les enjeux du moment et adapter leur modèle pour durer. Je fais avec eux de la R&D économique.


Commencer par les dépendances réelles

De quoi votre entreprise dépend-elle pour fonctionner ?

Quelle matière première ? Quelle énergie ? Quelle compétence rare ? Quel fournisseur ? Quel client principal ? Quel logiciel ? Quelle infrastructure publique ? Quelle disponibilité en eau ?

Puis posez trois questions très concrètes :

  • Si le prix de l'énergie doublait, que se passerait-il ?

  • Si notre principal fournisseur était bloqué pendant trois mois, que ferions-nous ?

  • Si notre principal client disparaissait demain, notre modèle tiendrait-il ?

Les réponses montrent des fragilités que le compte de résultat ne fait pas toujours apparaître.


Questionner l'utilité de ce que l'on vend

La question selon moi n'est pas seulement : « Comment produire cet objet avec un peu moins d'impact ? » Elle est aussi : « Le service rendu mérite-t-il les ressources mobilisées ? »


L'économie de la fonctionnalité et de la coopération est un beau référentiel à explorer pour justement travailler sur la "fonctionnalité" qu'on adresse. Elle pose la question de comment on adresse le vrai besoin du client (être utile) tout en consommant moins de matière. Et ça passe souvent par une approche plus servicielle et large sur la chaîne de valeur.


Je parle de tout ça dans ces deux vidéos tournées grâce à Climaxion (merci !).



Pour aller un cran plus loin, on peut aussi avoir une visée régénérative. L’approche régénérative consiste à concevoir des activités économiques qui ne se contentent pas de “faire moins mal”, mais qui contribuent à réparer, revitaliser et renforcer les ressources, les relations et les milieux dont elles dépendent.

Et elle l'inscrit dans sa mission

  • Patagonia avec "Notre entreprise existe pour sauver la planète"

  • Belco pour "Faire du café un levier de régénération des écosystèmes"

  • Papa Outang pour "Protéger la forêt tropicale de Bornéo, la pâte à tartiner c'est l'excuse pour lever les fonds"

C'est ce qu'on propose avec la CEC Grand Est, revoir en profondeur son modèle économique Le second parcours est en lancement le 30/09, si jamais ça vous intéresse dites-moi. (Et j'en profite pour coller ici le lien de l'interview inspirante de Sophie Robert Velu, DG de Mustela, quelques années après son parcours CEC)


Gagner de l'argent autrement


Tant que le revenu dépend du nombre d'objets vendus, l'entreprise reste intéressée à produire et vendre toujours plus.

L'économie de la fonctionnalité déplace cette logique : on ne vend plus seulement un bien, mais une performance d'usage.

  • Michelin Pro peut vendre des kilomètres parcourus plutôt que seulement des pneus.

  • Xarvio (groupe BASF) peut vendre des hectares de cultures saines plutôt que des litres de fongicides.

  • Citiz de la mobilité plutôt que des voitures

  • Commown ne vend plus un téléphone, mais les fonctions qu'ils assurent

  • Moduloop peut proposer un aménagement évolutif plutôt que du mobilier destiné à être remplacé.

  • Mobi On des scooters avec une logique de pérennité programmé.


Lorsque le fournisseur reste responsable du résultat, il a intérêt à fabriquer des produits durables, réparables et économes. Les intérêts économiques commencent enfin à s'aligner avec la réduction des ressources.

Ce n'est pas de la philanthropie. C'est une stratégie de robustesse.


Aller vers la coopération plutôt que la compétition


En cas de crise, on l'a vu maintes fois ces dernières années, on se tourne vers son voisin, on s'entraide, on coopère. C'est une des règles de base de la survie, ne pas rester seul. On invite donc les entreprises à de plus en plus réfléchir en termes de coopération.

Ce déplacement est contre intuitif au départ dans un monde axé autour de la performance de la concurrence et de l'égo. Mais ce déplacement est précieux.


Dans une entreprise, cela peut commencer simplement : partager un doute avant qu'il ne devienne une crise, associer un client à la conception d'une solution, mutualiser un équipement avec une autre entreprise ou réunir plusieurs fournisseurs autour d'une difficulté commune.

La coopération exige de la confiance. Et la confiance commence par la possibilité de dire que l'on ne sait pas, que l'on s'est trompé ou que l'on a besoin d'aide.

Les organisations qui savent faire cela apprennent plus vite. Elles supportent mieux les imprévus, donnent une vraie place aux désaccords, dépendent moins d'une seule personne supposée tout décider et peuvent s'appuyer sur d'autres.


Une des clés de la robustesse. (Et c'est différent de collaborer. Collaborer c'est se répartir les tâches que quelqu'un décide, coopérer c'est créer ensemble une oeuvre commune)


Questionner pourquoi on n'a pas le temps


Quand un dirigeant dit qu'il n'a pas le temps de travailler sur le modèle économique, de son organisation je l'entends. Il y a les clients, les équipes, la trésorerie et les urgences quotidiennes. Mais ce manque de temps est parfois le symptôme du problème : un modèle qui produit lui-même toujours plus d'urgences, de volume, de coordination et de travail invisible.

Prendre du recul n'est pas perdre du temps.

C'est comprendre ce qui nous en fait perdre chaque semaine.

C'est faire son rôle de dirigeant.


En tant qu'élu : changer les règles du jeu


Les gestes individuels comptent. Les entreprises peuvent transformer leur offre. Mais une grande partie de nos comportements dépend des règles, des infrastructures et des choix collectifs.


Un élu dispose donc d'un levier important.

Et un peu comme pour un chef d'entreprise, au vu de enjeux vus plus haut, c'est dans sa mission que de travailler la robustesse et la durabilité de son territoire.


À ce titre j'avais appris avec plaisir le titre de notre nouvelle "madame économie" sur l'Eurometropole, Anne Pernelle Richardot, annoncée au départ comme vice présidente à la stratégique économique durable. Tout un chouette programme.


Dans les faits, il y a encore du travail quand on lit par exemple dans Rue89 au sujet d'un éventuel projet de datacenter au service de l'IA sur l'Eurometropole


Vice-présidente en charge du développement économique, Anne-Pernelle Richardot porte le même soutien au projet d’Aether Infrastructures. Invitée à commenter ce projet qui pourrait s’installer sur l’emprise du Port Autonome de Strasbourg (PAS), sa présidente commence par fustiger le bilan de la mandature précédente :

(tiens c'est de nouveau développement économique son titre)

« J’ai découvert que l’EMS a perdu 95 hectares de foncier économique en l’espace d’un mandat. Ce sont des hectares transformés en terres fertiles, des entreprises qui sont allées s’installer ailleurs parce qu’elles attendaient depuis deux ans un cadre d’implantation. Or, une ville ne peut pas produire de la richesse et des emplois sans développement économique. J’ai ce souci de redonner confiance au monde économique. »

(on retrouve ici la tension classique entre développement économique court-terme et durabilité du territoire)


Et sinon très concrètement, une collectivité peut


  • développer les pistes cyclables : Strasbourg est déjà un bon exemple, mais on peut se fixer Grenoble (doublement du réseau en un mandat, +50% de cyclistes) ou Copenhague comme horizon

  • avoir une commande publique durable : la ville de Rennes qui impose des critères de réparabilité dans ses marchés IT, ou Grande-Synthe (Damien Carême) qui a conditionné les aides aux entreprises à des engagements sociaux/environnementaux

  • sécuriser l'alimentation locale : Mouans-Sartoux qui a passé ses cantines en 100% bio et local, et a réduit le coût du repas en éliminant le gaspillage

  • protéger ses ressources : la bataille de Vittel sur les nappes phréatiques, ou les communes qui rachètent des terres agricoles via des SAFER pour bloquer l'artificialisation

  • mutualiser : il y a plein d'exemples d'intercommunalités (dont Strasbourg sur le matériel sportif notamment) qui partagent du matériel. Mais on peut surement aller plus loin sur le matériel agricole ou voirie.

  • soutenir les ressourceries, les repair cafés et les filières de réemploi ;

  • conditionner certaines aides à des engagements vérifiables ;

  • sécuriser l'approvisionnement local en alimentation;

  • réunir habitants, entreprises et associations pour construire des réponses plutôt que consulter une fois les décisions déjà prises.


Cette liste est bien sûr loin d'être exhaustive. Comme je le disais au départ, je n'ai pas la prétention d'apporter toutes les solutions à un problème systémique évidemment éminemment compliqué. Mais je ne peux que re-citer Einstein et inviter nos élus à penser autrement afin de mettre le cap vers une logique de soutenabilité et d'habitabilité.



Et pour finir je citerai Eric Duverger, co fondateur de la CEC : nous avons besoin de jardiniers, pas de héros. Je suis en accord avec cette phrase. Pour moi beaucoup de choses tournent autour de l'égo et du besoin de reconnaissance . C'est un des sujets majeurs à travailler chez chacun d'entre nous.

Pour notamment arrêter de penser qu'on domine la planète et qu'elle est là pour nous servir.

Pour laisser une planète habitable à nos enfants, et à tous les autres êtres vivants.

Pour qu'ils connaissent eux aussi la fraicheur (entendu dans la bouche d'un enfant ce jour lors de la relecture de cet article).

 
 
 

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