Pourquoi (re)devenir entrepreneur ?

Mis à jour : juin 27


Pourquoi tu quittes ton CDI et ton salaire confortable ? Tu as une famille et une maison à payer ! C'était la première réaction naturelle de ma maman quand je lui ai annoncé vouloir reprendre ma casquette d'entrepreneur.


Puis comme je n'avais pas de réponse claire à cette question elle m'a demandé : ça ne se passe pas bien ton poste de lanceur de projets chez Rivalis ? Là pour le coup, j'ai pu lui répondre tout de suite que si. Depuis 3 ans, tout se passait plutôt très bien dans cette chouette boîte. J'avais de super conditions de (tele)travail, des chouettes projets à mener, des collègues sympas et efficaces et des fondateurs à l'écoute. En gros aucune raison de partir.


Toujours pour essayer de comprendre, elle m'a posé une troisième question. Tu es sûr que ça va marcher ? Et autant je n'avais toujours pas pu répondre sur le Pourquoi je quittais mon job pour (re)devenir entrepreneur, autant à cette question j'avais la réponse : Non je ne suis pas du tout sûr que ça va marcher. Et j'ai rajouté. Mais je veux essayer.


En tout cas vu mes réponses, il est clair que je n'avais pas réussi à réellement faire comprendre à ma maman pourquoi je souhaitais me (re)lancer dans l'entrepreneuriat. Et le (re) est important. Car après avoir été entrepreneur pendant 10 ans (j'avais fondé une agence de marketing digital Clic et Site avec 9 collaborateurs) + 3 années chez Rivalis (un réseau que Conseillers qui accompagnent des entrepreneurs), je sais bien les contraintes et les difficultés que ça représente de lancer une boîte. Du coup j'avais réellement besoin de clarifier noir sur blanc mes motivations.


M'inspirant du livre de Simon Sinek, Start whith why qui m'a beaucoup marqué, j'ai donc décidé de prendre un peu de recul et de commencer par réfléchir non pas au pourquoi de ma future boîte, mais déjà dans un premier temps à mon pourquoi perso. À ce qui me pousse à (re)entreprendre. Et surtout de me noter ça dans une petite liste, histoire de pouvoir la ressortir quand les difficultés arriveront ou qu'il faudra décider des choses importantes.


Voici pourquoi (dans l'ordre) je souhaite redevenir entrepreneur

  1. être serein

  2. passer du temps sur ce que j'aime

  3. laisser une trace

  4. ne pas avoir de regrets


Être serein

La recherche de liberté organisationnelle et décisionnelle, c'est sûrement le dénominateur commun de quasi tous les entrepreneurs.


La liberté organisationnelle, je l'avais déjà en grande partie. Comme évoqué plus haut, j'étais en télétravail. Néanmoins mon organisation dépendait quand même de l'organisation de la structure générale qui m'employait, avec ses règles de fonctionnement, aussi souples soient-elles. Moi ce dont j'avais envie, c'est de pouvoir travailler (ou pas) quand je veux et où je veux (dans un bar, en attendant sur le parking de la chorale, en regardant du tennis ). Et surtout sans la moindre once de culpabilité ou de peur d'être jugé.


L'autre liberté, c'est pour moi la liberté décisionnelle. Celle qui te permet de ne pas subir dans ton travail les conséquences de décisions prises par d'autres. Celle qui fait que tu es parfaitement aligné avec ton Pourquoi, et que toutes les tâches que tu réalises, tu sais parfaitement pourquoi tu les fais et à quoi elles servent. C'est d'ailleurs cette liberté qui fait que tu peux décider seul, en une seconde, que certaines tâches que tu as prévues ne sont plus utiles. Et donc ne travailler que sur des choses 100 % utiles. Et ça c'est ultra-motivant.


En résumé, je crois que j'ai peut-être peur de dépendre des autres ou peut-être de devoir rendre des comptes. Ou alors j'ai juste besoin d'être sûr de bien mériter l'argent que je gagne.

Bon pour savoir, faudrait aller chercher des explications dans mon enfance je crois. Parenthèse psychologie fermée.


Bref c'est cette indépendance/liberté que je souhaite chercher le plus possible en travaillant sur ce que je veux, quand je veux, ou je veux, avec qui j'ai envie et comme j'ai envie. Je suis assez lucide pour savoir que c'est bien sûr très théorique et que les contraintes resteront nombreuses. Mais je pense que l'entrepreneuriat reste la bonne voie pour arriver à cette liberté qui, pour moi, est indispensable à une plus grande sérénité (on sent le gars de 40 balais qui parle !).

Passer du temps sur ce que j'aime

Celà fait quelque temps que je lis pas mal de bouquins qui parlent d'entrepreneuriat mais aussi par ricochet de développement personnel (Sinek, Hal Erold, Dale Carnegie, Alexandre Dana). Et tous abordent au moins une fois dans leur livre un truc qui dit en gros : pour être heureux il faut faire le plus souvent possible des choses qu'on aime faire. Logique.


Et du coup, la question que je me suis posée c'est : au juste, qu'est-ce que j'aime faire ? Sur ce point je remercie infiniment Justine Abecassis de Live Mentor qui m'a glissé un jour dans une conversation Whatsapp : tu connais l'ikigai ?

Pour ceux qui ne connaissaient pas, voici globalement l'idée.


Intrigué par cette méthode qui me semblait répondre à mon questionnement sur ce que j'aime faire (et bien plus), j'ai dévoré le livre de Chrsitine Vanbremeersch - Trouver son Ikigai. Et j'ai rempli les cases de mon propre schéma, en version un peu adaptée. Pour bien être sûr de me concentrer sur ce que j'aime, j'ai d'abord fait la liste de ce que j'aime puis j'ai regardé là-dedans ce pourquoi j'étais doué (ce qui explique que mon ikigai ne contienne pas certaines choses que j'aime :) ), puis j'ai encore une fois filtré avec ce dont le monde a besoin et ce qui pourrait me permettre d'être payé. Et je suis arrivé à 4 mots qui sont tout au centre de mon ikigai, et qu'on retrouve naturellement dans mon projet entrepreneurial dont je parle plus bas. Ces 4 trucs que j'aime faire, que je sais bien faire, que le monde a éventuellement besoin et donc pour lesquelles je pourrai être payé sont

  • Créer

  • Mettre en relation

  • Organiser

  • Simplifier

L'exercice n'a pas été simple, surtout pour la partie Ce que vous aimez. Une fois qu'on est devant une feuille blanche, ce n'est vraiment pas évident de lister les choses qu'on aime. Le livre a été ici d'une aide précieuse car Chrsitine Vanbremeersch y donne tout un tas de pistes pour réussir à réfléchir et isoler ce que vous aimez vraiment. Pour y arriver elle vous propose de faire des listes de vos 3 films préférés, vos rêves d'enfant, ce que vous lisez, ce que vous feriez avec 500 €, 100 000 € et 1 million d'euros, vos héros de fiction préférés... L'idée étant de trouver des thèmes communs qui ressortent de tous ces exercices pour établir une liste de choses que vous aimez vraiment.


En tout cas pour moi l'ikigai a agi comme un super filtre pour me permettre d'isoler ce que j'aime réellement faire. Et du coup j'ai décidé de passer le plus de temps possible sur ces choses que j'aime.


Laisser une trace

Au cours de mes lectures en mode introspection, j'ai également isolé un fort besoin de reconnaissance comme étant un de mes principaux moteurs. Pour aller plus loin, je crois d'ailleurs que ce qui dirige le monde, bien plus que l'argent et le sexe, c'est le besoin de reconnaissance. J'ai du coup prévu d'écrire un long article, voir un livre (écrire était dans la liste des trucs que j'aime mais je n'ai pas osé le passer dans la case "doué pour") là-dessus.

Mais revenons à notre mouton de l'entrepreneuriat. Je crois effectivement que le besoin de reconnaissance, voir la peur de la mort, pousse de nombreux entrepreneurs à créer un truc qui laisse une trace.


Après sans aller aussi loin, je pense également que de nombreux entrepreneurs créent une boîte car ils ont eu une idée (prochain point), mais aussi car ils ont envie de créer quelque chose à leur image.

Pour ma part, j'ai vraiment envie de créer une entreprise inspirante dans laquelle je puisse appliquer tout ce que j'ai appris et apprécié lors de mon parcours professionnel. Ou à l'inverse, éliminer tout ce que je n'ai pas aimé dans les boîtes que j'ai croisé. Je me suis d'ailleurs fait une première liste de quelques principes de travail que j'aimerai appliquer :

  • slow business, prendre le temps de réfléchir et voir à long terme

  • transparence, essentiel pour générer la compréhension et l'adhésion

  • simplicité, pour perdre (et faire perdre) le moins de temps possible car c'est la chose la plus précieuse qu'on ait

  • confiance par défaut, pour donner de la liberté aux gens

  • satisfaction centric, pour enchanter les clients qui nous font manger

Donc une de mes motivations d'entrepreneur est bien de laisser une trace.

Pas nécessairement en créant une énorme boîte qui va révolutionner la planète pendant des décennies, mais peut-être plus modestement en laissant une trace dans l'esprit de quelques personnes qui auront pu y trouver de l'inspiration et/ou du bonheur.


Ne pas avoir de regrets

Et des regrets je pense que j'en aurai eu si je n'avais pas décidé de pousser le plus loin possible l'idée que j'ai eue en avril...grâce à une tique.


On était vendredi soir, il était 21 h, et ma grande fille de 8 ans m'appelle en stress car elle a une tique dans le dos. Je la retire à la pince à tique. Il y a une petite rougeur. Petite, mais suffisante pour faire paniquer ma fille qui a entendu tout un tas de trucs que la dangerosité des piqûres de tiques. Pour la rassurer, je lui propose d'aller chez le médecin le lendemain matin pour qu'il regarde cette rougeur. Mais au fond de moi je n'étais de loin pas convaincu par l'idée de passer 2 h dans une salle d'attente d'un cabinet médical un samedi matin sans rendez-vous, en pleine épidémie de Covid en plus.


Et c'est là que j'ai repensé à la pub d'un service de médecin en visio que j'avais quelques jours plus tôt sur Facebook.


Il était 21 h 05 quand j'ai téléchargé l'app. À 21 H 20 nous avions eu un médecin en ligne, ma fille était rassurée.


Et c'est à ce moment précis où j'ai compris que ce genre de service devrait et pourrait exister pour toutes les questions qu'on se pose :


  • C'est quoi le bon endroit pour couper la tige de mon rosier ?

  • Comment je paramètre Google Tag Manager sur mon site web ?

  • Des champignons poussent dans mon jardin, sont-ils comestibles ?

  • Mon employeur veut modifier ma mission à mon retour de congés de maternité, il a le droit ?

  • J'ai monté le moteur de mon volet à l'envers, à moins que ce soit mes branchements ?

  • Je veux investir une partie de mes économies en bourse, je commence où ?

  • Malgré les recettes que je suis, je n'arrive pas à avoir la bonne texture de ma confiture, help, une grand-mère peut m'aider ?

  • J'aimerais acheter une voiture mais je ne sais pas laquelle choisir, et j'ai ni le temps de me palucher tous les comparatifs, ni envie de me faire baratiner par un vendeur.

  • Mon antivirus me dit que mon ordinateur est peut-être infecté par un virus. J’ai déjà appelé 3 fois mon petit-fils mais il n’arrive pas à m’aider. Un informaticien pourrait me dépanner en prenant la main sur mon PC ?

  • Étudiant en troisième année dans une école d’ingénieur, je n’arrive pas à comprendre ce que notre prof me raconte sur les systèmes neuronaux. J’ai besoin de quelqu’un pour m’expliquer.

  • J’ai ma fille qui fait des crises à répétition quand il s’agit de faire la toilette. J’aimerais bien utiliser la technique de l’éducation positive pour les résoudre en douceur. Du coup je veux bien échanger avec une personne qui pratique cela au quotidien et qui pourra me donner des pistes sur mesure pour éviter ces crises.

Alors bien sûr, pour répondre à ces questions il y a Google et les millions d'articles et de tuto auxquels le moteur de recherche vous donne accès gratuitement. Sauf que bien souvent on y passe un temps (qui pourtant est le truc le plus précieux qu'on ait) de fou pour trouver des réponses qui ne sont au final que partielles. Et c'est normal. Un article sur un blog ou une vidéo sur Youtube est prévu pour s'adresser au plus de gens possibles. La réponse ne peut donc pas coller avec précision à votre problématique.


Le service que je souhaite créer pour répondre à ces questionnements est très simple : permettre à des gens qui ont des questions sur un sujet, d'échanger en visio avec des gens qui maîtrisent ce sujet. Ou autrement dit, faire dialoguer 2 cerveaux humains pendant quelques minutes pour apporter une réponse sur mesure et rapide à une question précise.

Et encore autrement dit : une plateforme de micro-conseil en visio.


Plus j'ai parlé de ce projet à des gens de mon réseau, plus j'ai eu des encouragements de tous. Ceux qui m'ont fait plaisir (le fameux besoin de reconnaissance) étaient ceux venant d'entrepreneurs qui mesurent le potentiel mais aussi l'exigence d'un tel projet. Mais ce qui a sûrement fini de me convaincre de me lancer, c'est que presque tous les gens à qui j'ai expliqué l'idée, qu'ils soient entrepreneurs ou salariés, geek ou pas, dans le conseil ou pas, l'ont trouvé l'idée excellente. Et surtout, se sont projetés dans des cas d'usages et ont déclaré être prêt à payer ce type de service.

En plus du besoin de liberté, de faire ce que j'aime et de laisser une trace, c'est donc ça le dernier ingrédient qui a fini de me convaincre de me lancer : une (bonne) idée. Et elle est bonne car elle colle à mon ikigai, répond a priori à un vrai besoin et semble avoir un time to market technologique et sociétale plutôt aligné.

Du coup, à chaque fois que je parlais de mon projet j'avais logiquement cette petite flamme intérieure qui décuplait ma motivation et mon envie de faire. Et ne pas au moins essayer de lancer ce service avec toute mon énergie aurait généré chez moi une énorme frustration et je pense de gros regrets.


Voilà vous savez maintenant pourquoi je souhaite (re)devenir entrepreneur. Et moi j'ai une URL à filer à ma maman et aux qui me posent la question.






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